À l’origine, la ville est le propre de l’homme. Dans un geste fondateur, l’homme crée la ville pour donner un sens au lieu, au site. Ville-machine, ville-système, la cité est humaine. Délimitée (intra muros), elle constitue un nœud de relations signifiantes.

La ville d’aujourd’hui, la ville nouvelle ou la ville qui s’étend, la mégalopole, le Grand Ensemble semble cruellement manquer de cette urbanité essentielle. De zones en non-lieux, d’échangeurs en îlots, la ville est en manque de toutes ces ramifications qui y créaient la vie.

Dans cet oubli d’elle-même où la ville s’expose, le rôle du photographe est sans doute de montrer qu’il reste de l’intelligible dans le fragment, de rappeler la ville à sa destination humaine. Le photographe de paysages urbains, dans une démarche parfois mélancolique, ironique, voire utopique, traite de cette rupture entre l’homme et la ville et en rappelle l’inéluctable humanité. Ainsi, pour reprendre les termes de la philosophe Françoise Gaillard, la vocation du photographe peut être simplement de « faire de cette ville en extension une ville en intentions »

expositions.html
expositions.html
expositions.html